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Un speedrunner sur Linux

Publier le 10 avril 2026 19:00

Petite scène sur mon parcours de jeune speedrunner sur Linux.

Petite pause, à brin politique

Linux, c'est mon système d'exploitation principal. Je l'utilise pour tout :

  • la bureautique (libreoffice / firefox / gimp / VLC)

  • le développement de logiciel (outils de la suite JetBrains, VSCode et les outils de ligne de commande comme make / cmake)

  • mes streams sur Twitch (OBS) et le montage vidéo (kdenlive)

  • ma veille technique (proxmox avec des VM et des conteneurs)

Lorsque je vois des news qui parlent d'un lycée complètement sous Linux et les propos de Michel Paulin au Conseil National de l'Industrie (CNI) sur la question de la crédibilité de Linux bien sûr ça me réjouie. Je ne vais pas étayer plus cette partie - je suis un convaincu de Linux et de ses bienfaits, mais je n'ai pas la parole d'un Évangile.

Ma parole à moi ici est tout autre : voici ce que je fais sur Linux. À ma petite échelle, à ma petite influence, en tant que particulier. La curiosité d'expérimenté de nouvelles choses, l'audace de changer mon comportement face à une industrie qui ne cesse d'évoluer, sans fin.

Aujourd'hui, je vous parle de speedrun sur Linux.

Toujours plus vite

Speedrunner : speed (vite), runner (courreur / courreuse). Pourtant, je reste assis derrière un combo classique clavier-souris, manette en main. Un speedrun n'est ni plus ni moins la pratique de terminé rapidement un jeu vidéo selon des conditions.

Pour réaliser un speedrun, il faut donc le jeu vidéo que l'on souhaite speedrunner (verbe français ici), un chronomètre et la catégorie de la course. Pour trouver les catégories, il faut se rendre sur le site speedrun.com, rechercher son jeu vidéo et regarder dans l'onglet leaderboard les catégories disponibles. Les règles doivent bien évidemment être lues et comprises pour que la course soit considérée comme valide. Il y a également un serveur discord associé au jeu pour discuter avec la communauté si quelque chose n'est pas clair.

Pour le second point, le chronomètre officiel, du moins celui que la majorité des joueurs et des joueuses utilisent, se nomme LiveSplit. Ce fut mon premier souci sur Linux. Un souci que j'ai outrepassé en développant ma propre application de chronomètre décrite dans mon précédent article. J'ai une casquette de développeur, autant l'utiliser.

Maintenant que le jeu, la catégorie et le chronomètre ont été choisis, il faut filmer la course. J'ai utilisé OBS pour monter rapidement une petite scène avec mon jeu qui prend tout l'écran et le chronomètre qui passe au premier plan. J'ai fait le nécessaire pour lier OBS à mon compte Twitch et j'ai réalisé une diffusion en direct de ma course. J'ai ensuite pu récupérer mon flux vidéo final que j'ai publié dans ma chaine YouTube avec un petit montage GIMP pour la miniature. J'ai également mis du chapitrage pour se repérer plus facilement dans la vidéo.

Dernière étape : l'annonce officielle ! Il faut de nouveau se rendre sur speedrun.com et cliquer sur Submit run dans le leaderboard. Il faut remplir un formulaire associé à la course et notamment fournir le lien de la vidéo qui sera examiné par un modérateur. Le modérateur va s'assurer que les règles ont été respectées et si c'est le cas, votre course entrera dans le classement.

Voici le résultat de ma course sur le jeu Lost Ember.

Toujours plus loin

D'un point de vu speedrun, j'ai fait la partie la plus plaisante : réaliser une course.

Mais que faire dans le cas où le jeu est nouveau ? Que faire dans le cas où le jeu est là depuis plusieurs années, mais que personne n'a encore réaliser de chemin pour le soumettre au classement ? Que faire, quand tout est à découvrir ?

J'entre actuellement dans cette phase là. C'est une courbe d'apprentissage monstrueuse. Cela part sur l'analyse des assets du jeu, comprendre les limites du moteur utilisé, essayer de trouver des failles pour passer des points de passage critique : la découverte est totale pour moi qui ne suit pas un développeur dans le domaine du jeu vidéo. Unity, Godot, oui ça me parle. Je la vois bien votre IHM avec le cube ! Mais je me suis arrêté à cette phase d'installation en me disant "stop, tu vas trop vite, comprend d'abord les bases".

Bien évidemment, on reste dans de l'observation. Il n'est pas question de modifier une valeur dans le code binaire du jeu pour passer un 8 en B dans le code héxadécimal en espérant que personne ne le verra ou en leur assurant que tu as fait l'inverse. C'est plutôt de vérifier les limites des différents assets, voir s'il est possible qu'un pixel soit absent quelque part pour nous permettre d'exploiter un saut sur une plateforme.

Et encore je dis ça naïvement en pensant comprendre ce que le mot asset veut dire. Je n'ai pas encore fait mon premier Hello world dans un moteur de jeu vidéo, mais ça m'a déjà mis en appétit ! Je vous parle même pas des outils pour analyser la mémoire du jeu et réaliser un auto-splitter. Non vraiment, il y a de quoi contenter tout le Monde à tout les niveaux.

Si en plus de ça, je peux réaliser cette nouvelle passion sur mon environnement Linux, bien loin de la télémétrie de Microsoft : je suis aux anges ! Attendez-vous à voir d'autres articles parler de mes découvertes.